À l’Assemblée nationale, certains députés semblent pris d’une passion dévorante pour la démocratie… à condition qu’elle reste bien silencieuse. Le nouveau projet de loi en discussion en est une nouvelle illustration : après avoir rogné, encadré, culpabilisé, voici qu’on s’attaque encore au droit de grève, cet archaïsme insupportable pour celles et ceux qui rêvent d’un pays où les salarié·es travaillent, se taisent et remercient.
Officiellement, il s’agirait de « protéger l’économie », « garantir la continuité », « préserver l’intérêt général ». Dans les faits, c’est toujours la même rengaine : empêcher les travailleurs et travailleuses de se défendre quand plus rien d’autre ne fonctionne. Car rappelons-le : on ne fait pas grève par plaisir, on fait grève quand on n’est plus écouté !
Ce projet de loi ne vise pas les abus (qui existent déjà dans l’imagination de certains éditorialistes), mais bien le cœur du rapport de force. Faire du droit de grève un droit théorique, conditionné, entravé, c’est vider la démocratie sociale de son sens car une démocratie sans conflit social ça n’existe pas.
À la CGT, nous le disons clairement : toucher au droit de grève, c’est toucher à un droit fondamental, conquis de haute lutte. Et si certains pensent qu’en muselant les salarié·es ils achèteront la paix sociale, ils risquent surtout d’obtenir l’inverse. L’histoire l’a déjà démontré, inutile de refaire l’expérience.




