A chaque drame, c’est la même comédie. Les politiques s’émeuvent devant les caméras, les commentateurs s’agitent et l’on cherche rapidement un coupable. Alors, on désigne le lampiste : le magistrat qui n’aurait pas vu venir, l’enseignant débordé, le soignant épuisé, le travailleur social en sous-effectif.
Toujours celui ou celle qui tente de tenir un service public que l’on a méthodiquement affaibli.
Pourtant le véritable responsable est ailleurs.
Depuis des années, les gouvernements mènent des politiques publiques qui, proportionnellement aux besoins exponentiels, réduisent les moyens de l’école, de l’hôpital, de la justice et de l’ensemble des services publics.
Classes fermées, lits supprimés, tribunaux engorgés, effectifs insuffisants : partout les alertes sont connues, documentées et répétées par les professionnels et leurs syndicats CGT. Tout le monde le sait.
On ne peut pas exiger des services publics qu’ils protègent la population tout en les privant des moyens nécessaires à leurs missions. Quand on organise la pénurie, on organise aussi les dysfonctionnements et les risques qui en découlent.
Et pendant qu’on prétend manquer d’argent pour recruter, soigner, éduquer ou rendre la justice, des milliards échappent chaque année à l’impôt par l’évasion fiscale et les cadeaux accordés aux plus riches.
Il faut cesser cette hypocrisie ! L’austérité n’est pas une fatalité, c’est un choix politique et lorsque ces choix fragilisent la société et contribuent à rendre possible des drames évitables, leurs auteurs portent une lourde responsabilité, ils en portent même l’intégralité !
Sabine Alexis
Secrétaire fédérale




